(3/4) Pourquoi le désengagement est-il si fort dans les entreprises françaises ?

BIENVENUE A L’EGO-LAND

Rappel des épisodes précédents : La France est au 18ème rang des pays européens en matière d’engagement de ses salariés (le Danemark occupant brillamment la première place).

Article 1/4 : « FRENCH ATTITUDE » : La première raison de cette contre performance est sans doute un négativisme culturel qui rend les français particulièrement vulnérables à la morosité et sujets à la mauvaise humeur et à l’insatisfaction. Un manager négatif et insatisfait aura en effet toutes les peines du monde à insuffler à son équipe une énergie positive et la mettre en condition d’engagement.

Article 2/4 : « HALTE AU DEMANAGEMENT ! » : La deuxième raison est  que les entreprises françaises n’accordent pas aux managers le temps nécessaire pour développer des liens hiérarchiques de qualité qui reposeraient sur des valeurs de confiance, d’empathie et de reconnaissance. Ces derniers sont ainsi souvent mis en échec dans leur mission de motivation et d’implication des équipes et montrés du doigt lorsque l’on cherche des coupables au désengagement (méthode qui n’est pas la bonne pour s’en sortir !). Cette impuissance peut les mener au découragement, ce que j’appelle le « Démanagement » :

« Je suis désengagé moi-même ! Alors comment voulez-vous que je dynamise et motive les gens autour de moi ? »

Engager ses équipes ne serait donc qu’une injonction paradoxale pour un grand nombre de managers, ce qui laisse à penser que pour guérir de ce mal il faut commencer par agir sur le haut de l’organigramme.

La 3ème raison, que nous allons développer aujourd’hui, est la domination de l’individualisme dans l’entreprise au détriment de l’esprit collectif : L’Ego l’emporte sur le Co ! Ne serait-ce pas non plus un peu culturel ?

C’est en tout cas un trait qui nous distingue de nos voisins danois, champions européens en matière d’engagement, et dont la culture prône avant tout les valeurs d’humilité et d’exemplarité.

Les Danois ont Légoland, les Français l’EGO LAND !!!

1. L’EGO LAND, le royaume de la performance individuelle !

Le manque de reconnaissance est la première cause de démotivation des salariés. Il est sans doute également le principal responsable de l’ambiance de défiance qui règne souvent dans les entreprises.

Mais pourquoi est-il si difficile de dire merci quand on sait qu’il n’y a pas de performance sans reconnaissance ?

Que se passe-t-il lorsqu’on ne se sent pas reconnu par son manager ?

On commence par perdre confiance en soi : « Si je ne suis pas reconnu, c’est que je ne le mérite pas, que je ne suis pas assez compétent ou pas autant que les autres ! »

Car évidemment, des salariés reconnus, autour de nous, on en voit, ce qui créé un sentiment d’injustice et génère une compétition bien inutile et contre productive entre salariés. Certains vont dans un premier temps redoubler d’efforts pour essayer de briller aux yeux de leur manager, puis finir par se décourager. Ce syndrome touche (heureusement et malheureusement) toutes les strates de l’entreprise, et lorsqu’il touche un manager, sa contagion est encore plus forte.

Le manque de reconnaissance mène naturellement et obligatoirement à la démotivation et au désengagement et l’étape suivante peut s’appeler Burn Out, Brown Out ou Bore Out, autant de termes qui traduisent les différentes souffrances au travail.

Ce schéma, même s’il est ici volontairement rapide, ne peut plus être nié et l’entreprise se doit de mettre en place une politique de prévention, qui passe notamment par une remise à plat de sa culture managériale et cela dés le moindre symptôme d’un salarié en souffrance.

Le manque de reconnaissance de quelques individus suffit pour menacer définitivement un esprit d’équipe et se priver d’intelligence collective, clé de l’innovation et de la performance.

Alors prenez garde à la reconnaissance de tous, chassez les mauvais esprits et développez autour de vous un climat de confiance : Confiance en soi, en son équipe et en son manager.

N’hésitez pas à introduire des challenges collectifs plutôt qu’individuels et célébrez ensemble les victoires !

2. L’intérêt personnel plutôt que l’intérêt collectif

Le résultat logique de la faiblesse de l’émulation collective est l’individualisme : « Mon intérêt prime sur celui de la collectivité quitte même à lui être nuisible ».

Cette règle domine malheureusement dans les entreprises si on ne la combat pas en défendant et incarnant au quotidien des valeurs appropriées. Elle agit même en cascade hiérarchique avec des effets désastreux, car plus on est au sommet, moins on doit privilégier son propre intérêt.

Le manager individualiste oublie qu’il a besoin des autres pour faire avancer son entreprise : pour produire, pour vendre, pour obtenir un service de qualité, … et désolé d’une telle évidence, mais personne n’a envie de s’impliquer pour quelqu’un qui ne pense qu’à lui.

Un dirigeant de PME que j’accompagne actuellement m’a posé il y a quelques jours la question :

« Quelles sont selon vous les 3 choses que je pourrais faire pour être un bon patron, car en fait je me rends compte que c’est cela qui est important pour moi ? »

Je lui ai répondu :

  1. Mettez votre ego définitivement dans votre poche, et communiquez à vos salariés en disant Nous et Vous plutôt que Je.

  2. Avant de prendre une décision, posez-vous systématiquement la question : « est-ce que cette décision est la bonne pour l’entreprise et l’intérêt collectif ?»

  3. Remettez vous en cause chaque matin et travaillez votre empathie pour créer une proximité émotionnelle et psychologique avec vos salariés.

Il a semblé résolu et je ne doute pas que la mise en œuvre de ces 3 actions portera très vite ses fruits.

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne semaine et une bonne Saint Valentin ! Qu’elle vous donne l’envie d’être porteur chaque jour d’un peu plus d’AMOUR !

Je vous donne rendez-vous mardi prochain pour le 4ème et dernier article de la série sur le désengagement dans les entreprises françaises. Il y sera question de charge de travail, et de projets par milliers : « QUANTITE NE RIME PAS TOUJOURS AVEC QUALITE ! »

O my friend — but it is too much for my strength — I sink under the weight of the splendour of these visions! A wonderful serenity has taken possession of my entire soul, like these sweet mornings of spring which I enjoy with my whole heart. I am alone, and feel the charm of existence in this spot, which was created for the bliss of souls like mine.

I am so happy, my dear friend, so absorbed in the exquisite sense of mere tranquil existence, that I neglect my talents. I should be incapable of drawing a single stroke at the present moment; and yet I feel that I never was a greater artist than now.

When, while the lovely valley teems with vapour around me, and the meridian sun strikes the upper surface of the impenetrable foliage of my trees, and but a few stray gleams steal into the inner sanctuary, I throw myself down among the tall grass by the trickling stream; and, as I lie close to the earth, a thousand unknown plants are noticed by me: when I hear the buzz of the little world among the stalks, and grow familiar with the countless indescribable forms of the insects and flies, then I feel the presence of the Almighty, who formed us in his own image, and the breath of that universal love which bears and sustains us, as it floats around us in an eternity of bliss; and then, my friend, when darkness overspreads my eyes, and heaven and earth seem to dwell in my soul and absorb its power, like the form of a beloved mistress, then I often think with longing, Oh, would I could describe these conceptions, could impress upon paper all that is living so full and warm within me.

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